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Analyse et commentaires des faits politiques, économiques, sociaux et culturels


République démocratique du Congo : Le Symbolisme du 24 avril 1990

Publié par Joël Asher Lévy-Cohen sur 24 Avril 2018, 04:09am

Le Symbolisme du 24 avril 1990

‘‘Une dictature est un pays dans lequel on n'a pas besoin de passer toute une nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections’’.

Georges Clémenceau, Député, Homme d'État, Homme politique, Journaliste, Maire, Médecin, Ministre, Scientifique, Sénateur de la République Française (1841 - 1929)

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Le Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre a accepté l'ouverture politique et démocratique à la suite d'une forte pression populaire conjuguée à la ferme volonté des puissances internationales au premier rang desquelles la Troïka composée de l'ex-puissance coloniale, la Belgique, les États-Unis d'Amérique et la France.

Le 24 avril 1990, le Maréchal-tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre prononça un discours historique. Celui-ci s’articulait autour de trois axes fondamentaux. À savoir : le Zaïre en tant qu’espace politique et socioculturel devient irréversiblement un univers où la compétition ou la notion de concurrence est ouverte. Il devient un univers dans lequel les entreprises idéologiques s’affrontent sous l’arbitrage bienveillant du Citoyen et du Peuple souverain, primo. Secundo, l’élection devient le mode de légitimation politique de l’autorité publique qui siège dans les organes délibérants à titre de Représentant de la Nation. Tertio, la liquidation pure et simple de la philosophie ou du discours de l’Authenticité en tant que stratégie de confiscation du pouvoir et d’asservissement du Citoyen et du Peuple.

Le discours ou la philosophie de l'Authenticité avait permis à Mobutu Sese Seko du Zaïre de régner comme un chef du village, un roitelet traditionnel, dans l'ex-Congo-Belge

Très attendu par la Communauté aussi bien internationale que nationale, ce discours qui fut, à vrai dire, un constat ou un aveu d'échec pour la gestion politique, administrative et gouvernementale mobutiste, permit à l’ensemble des Congolaises et Congolais d’entrevoir finalement l’avenir avec optimisme, enthousiasme et zèle. D’ailleurs, plus d’un quart de siècle après, son écho ne cesse toujours de résonner aux oreilles fines et alertes du Peuple congolais que des régimes arbitraires ou autoritaires successifs tentent par tous les moyens de priver du simple droit de vivre dignement. Bref le droit élémentaire de rêver de son futur comme tout être digne de libertés publiques et de droits fondamentaux, comme tout Peuple de la planète terrestre dont l’existence ‘‘physique’’ et ‘‘morale’’ se définit inéluctablement par son ‘‘affirmation politique’’ en qualité de ‘‘Souverain primaire’’.

Toutefois, que symbolise-t-elle réellement cette adresse à la Nation du mardi 24 avril 1990 ? Quelle est sa véritable portée relativement à la situation plus que moribonde de la République démocratique du Congo handicapée par l’insécurité et emprisonnée par une dictature sanguinaire ? Quelle est effectivement sa véritable signification par rapport à une Collectivité totalement engluée dans la prévarication et la corruption, le sous-progrès socio-humain et le sous-développement économique ? Bref, quelle est certes sa signification par rapport à un État liquéfié, devenu politiquement et même juridiquement un non-État, une zone de non-droit ?

La pugnacité politique d'Étienne Tshisekedi wa Mulumba a très nettement fléchi les ardeurs despotiques du Maréchal Mobutu Sese Seko au point de décréter la fin du rôle monopole et dirigeant du Mouvement populaire de la révolution (MPR) en tant que parti unique et Parti-État dans l'espace politique zaïrois.

Dans le contexte politique de l’époque, sans doute, marquée par l’irruption de l’Union pour la démocratie et le progrès social, en sigle UDPS, s’appuyant fondamentalement pour exister dans l’espace national sur l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1967 [i] et la fameuse Lettre ouverte du 1er novembre 1980 au Maréchal-président Mobutu Sese Seko du Zaïre, cette allocution traduit inéluctablement la nette capitulation de la tyrannie. Aussi traduit-elle indéniablement le rejet du despotisme idéologique en tant qu’agent naturel du sous-développement économique de la Collectivité publique et, surtout, vecteur du sous-progrès social et humain du Citoyen.

Sur le bâtiment aéronaval sud-africain Outeniqua, le président de la République Sud-Africaine (RSA) Nelson Mandela assure, en mai 1997, la passation des pouvoirs entre le tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre et le mercenaire Mzee Laurent-Désiré Kabila au service du capital monoplistique international.

Dans le contexte actuel indubitablement marqué par l’érosion du pouvoir politique et gouvernemental, le discours du mardi 24 avril 1990 signifie la réappropriation par le Peuple congolais de sa qualité de Souverain primaire. Il signifie que la légitimité qui entoure l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions politiques est conférée par le seul Peuple souverain et non point par les armes létales. D’où l’intérêt de libérer coûte que coûte l’espace national en instituant une véritable concurrence politique et idéologique sanctionnée par le libre choix de la population.

Le mercenaire Joseph Kabila Kabange est le digne héritier du Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre. Les deux dirigeants politiques et gouvernementaux présentent des bilans tant économique et social que politique et culturel similaires.

Dans le contexte actuel d’un pays vitrifié par des guerres de prédation économique et déstabilisé par des crises cycliques, cette allocution du 24 avril 1990 signifie que la véritable ‘‘Conférence nationale souveraine’’ (CNS) de 1992 est la [seule] et [unique] source de stabilité politique et institutionnelle. Aussi signifie-t-elle que ce forum est la seule et unique garantie de légitimité politique et institutionnelle. En effet, lesdites assisses nationales protègent mieux que quiconque la Souveraineté internationale et l’Indépendance nationale de la République démocratique du Congo très chèrement acquises le jeudi 30 juin 1960. À preuve, dans quelle direction le fameux processus de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003 a-t-il effectivement conduit ce pays devenu subitement fantomatique ?

https://www.youtube.com/watch?v=eZGVz3K4pWg

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

www.joelasherlevycohen.over-blog.com

www.joelasherlevycohen.com

 

[i] Article 4 de la constitution du 24 juin 1967 :

 

Alinéa 1er : Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage.


Alinéa 2 : Il ne peut être créé plus de deux partis dans la République. Ces partis s’organisent et exercent leurs activités librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie et les lois de la République.

 

Cet article 4 de la Constitution du 24 juin 1967 a été remplacé par l’article 1er de la loi n° 70-001 du 23 décembre 1970 portant révision de la Constitution, lequel déclare : « Le Mouvement populaire de la révolution est le seul parti politique de la République ».

 

Dans l’article 4 de la loi susvisée de 1970, il est inséré dans le titre III de la Constitution une section 1 intitulée « Du Mouvement Populaire de la Révolution » et comprenant un article 19 bis ainsi libellé :

 

Article 19 bis alinéa 1er : Le Mouvement Populaire de la Révolution est l'institution suprême de la République. Il est représenté par son président.

 

Alinéa 2 : « Toutes les autres institutions lui sont subordonnées et fonctionnent sous son contrôle ».

 

Alinéa 3 : « Les structures et organes du Mouvement Populaire de la Révolution sont déterminés par ses statuts et règlements ».

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